vendredi 31 décembre 2010

Congo : le rafiot de l'enfer

C'est un documentaire terrible qu'on pouvait regarder en ligne (ce n'est plus le cas) et qui a été diffusé en janvier 2011 sur La 5. Auteur : DANIEL LAINÉ, Durée : 52 minutes, Réalisateur : DANIEL LAINÉ.
En dehors de l'omni-présence du fleuve Congo et du défi à la mort que représente ce voyage sur l'eau entre Kinshasa et Kisangani, s'il n'y est pas fait mention du saint passeur, j'ai été époustouflée d'y entendre les prières des passagers qui suppliaient à pleine voix Dieu de leur épargner, les pannes, les accidents, ... et la mort subite ! Un petit rappel pour les mécréants : la mort subite c'est celle qui survient avant qu'on n'ait reçu les derniers sacrements, ce qui au Moyen Age, en Europe était pire que la mort. Et, disait-on, St Christophe protégeait de la mort subite...
Résumé du film : En République démocratique du Congo, pour aller de Kinshasa, la capitale, à Kisangani, la grande ville du Nord, il n'y a plus aucune route.
Pour transporter leurs marchandises ou pour voyager entre les deux villes, les congolais n'ont que deux solutions : l'avion, mais le billet coûte l'équivalent de 6 mois de salaire, ou un voyage éprouvant, en bateau, sur le fleuve Congo, l'un des plus grands d'Afrique. Des bateaux sans âge, comme le "Gbémani", assurent la liaison.












Celui-ci transporte près de 2000 personnes, dans des conditions de sécurité et d'hygiène inexistantes.
Ce "voyage en enfer" sur 2000 kilomètres doit durer trois semaines. Le "Gbémani" est composé de trois barges accrochées les unes aux autres. A son bord, pas de cabine, et pour voyager, il faut vite se faire une place sur le pont...
Pour les pilotes, le fleuve Congo est un véritable cauchemar : chaque année, sur ce fleuve, les naufrages causent la mort de plusieurs centaines de personnes. Sur le pont, tous espèrent que le "Gbémani" arrivera à bon port...

mercredi 29 décembre 2010

La sagra de San Cristoforo sul Navigo à Milan : une fête !

La prochaine aura lieu du 1er au 5 juin 2011. Cliquez sur le titre pour avoir le lien (en italien)
En attendant, on peut rêver de cette église de brique, tout prêt d'un pont et du canal artificiel, dérivé du fleuve Ticinio. Un site qui me fait penser à St Jacques-St Christophe près du Pont de Crimée à Paris. Si vous y allez, dites le moi ! La photo ci dessous n'est pas de moi, exceptionnellement.

dimanche 28 novembre 2010

samedi 27 novembre 2010

Hotel Lallemand à Bourges

Un lecteur du blog me signale un bas relief en couleur représentant Saint Christophe à l'Hôtel Lallemant à Bourges. Il m'en envoie un dessin signé Champagne... Merci !

lundi 20 septembre 2010

Venon (38), St Christophe et Ste Brigitte

Vive les Journées du Patrimoine ! Cela faisait un an que j'attendais ce samedi pour pouvoir visiter l'église paroissiale de Venon consacrée à St Christophe.  Venon, c'est un clocher sur le Balcon de Belledonne qu'on voit depuis Grenoble. Il semble monter la garde au dessus de la vallée du Sonnant, torrent qui descend de Chamrousse.
Ce samedi 18 septembre 2010, il pleut dru mais j'ai conservé de l'année dernière une photo pour vous donner une idée de l'endroit













L'église est donc ouverte grâce à l'association :



















La visite est accompagnée si on le désire par des dames charmantes qui m'expliquent tous les travaux de rénovation, de conservation, de réfection qui ont permis le classement du bâtiment. Le trésor de l'église est exposé lui aussi



















... Mais de St Christophe point... Il n'est pas représenté et ma guide n'en connais même pas la légende que je me fais un devoir  et un plaisir de lui raconter.
Par contre, il y a Ste Brigitte sur un vitrail, c'est la patronne secondaire de la paroisse. C 'est la première fois que je vois cette association. Le vitrail d'en face est gris, lui... Peut-être y avait-il là un St Christophe ?


















Ste Brigitte c'est une sainte intéressante aussi. D'ailleurs il y en a deux  : une irlandaise et une suédoise.
Je repars, ravie de ma visite et dehors, même sous la pluie j'aperçois, là haut sur sa colline Le Chêne de Venon, arbre remarquable, s'il en est : "Arbre signal, il est connu dans toute l'agglomération grenobloise. Gare à celui qui voudra l'abattre, car si l'on en croit les propos des habitants du village, ce chêne est un arbre fétiche qui leur assure paix et tranquillité depuis deux siècles. Hauteur : 18 mètres - Circonférence : 4.9 mètres - Age estimé : 200 ans, citation extraite du livre de la Frapna "De feuilles en aiguilles".
Quels jolis symboles dans le paysage : Le Sonnant qui ne devait pas être facile à traverser et cet arbre géant comme le saint patron ! A moins que ce ne soit que son bâton...


dimanche 29 août 2010

Question aux habitants ou proches habitants de Digne (04) et des alentours

Pourquoi ce rond point de la zone artisano-commerciale se nomme-t-il ainsi ?
Il ne semble pas y avoir d'église ni d'oratoire dans le coin.
Il y a certes des garages automobiles, mais il y a surtout La Bléone (rivière torrentielle) qui coule à côté... Y avait-il un pont, un gué ?
A une dizaine de km, sur la commune de Mirabeau Lez Digne, entre Malijai et Mallemoisson, il y a une Chapelle St Christophe, dans une situation "géographique" proche : pas loin de La Bléone et disent les historiens locaux sur l'ancienne voix romaine qui traversait la rivière par un gué ... et un ravin St Christol. Un jour je m'arrêterai : c'est juste au bord de la nationale et il semble que cette année encore il y ait eu une bénédiction de voitures le jour de l'Ascension...

mercredi 4 août 2010

Ex voto à Camaret (29)

A Camaret dans la Chapelle de Notre Dame de Rocamadour il y a des ex votos "marins" :
Si vous agrandissez la photo : sur le bouée il est écrit St Christophe.

mardi 15 juin 2010

St Christophe et le Laris : la surprise de St Christophe des Bois (26)

Drôme des collines, je viens travailler à moins de 12 km de Saint Christophe et le Laris, où j'ai déjà signalé une bénédiction des voitures le dernier dimanche de juillet... alors, je saute dans ma voiture. L'église n'est pas si facile à trouver car il y a deux "bourgs" St Christophe et Le Laris et pas de signalétique... mais il y a la cliente du camion épicerie, c'est plus efficace et beaucoup plus agréable. J 'y arrive donc
Zoooom...
L'église est fermée... dommage il semble que j'ai raté une fresque. Sur le panneau d'affichage de la mairie il y a un petit plan de la commune sur lequel je cherche le nom du fleuve local (La Limone) et trouve un St Christophe des Bois. Intriguée je vais demander à la secrétaire de mairie qui me parle de 3 maisons avec une trèsvieille église, d'un cimetière. Elle me montre la direction, dans la colline en face. J'ai eu un peu de mal à trouver la vieille église
Je me retourne et je les vois, les pierres tombales, ce qui me confirme que je suis bien au bon endroit parce que l'église n'est pas vraiment reconnaissable...
Pour les inscriptions que j'ai pu lire, les plus récentes semblent dater de la fin du 19ième siècle. Juste à côté deux épaves de voiture qui ont servi à faire du stock car où quelque chose comme ça. Regarde St Christophe et va-t-en rassuré !
Je suppose donc que ce hameau était le siège de l'église paroissiale qui a descendu la colline au 19ième siècle. A 20 mètres de la très vieille église la vue sur la nouvelle est assez jolie...

dimanche 13 juin 2010

Affiches à St Christophe en Oisans

Pont du diable, course à pied et alpinisme c'est un affichage que j'ai photographié ce jour dans ce village mythique...

lundi 31 mai 2010

Trois rivières à traverser pour aller au Paradis : le sac d'argent, conte du Nivernais

Une fois n'est pas coutume, cet article est le presque jumeau de l'article que vous trouverez dans le blog "Charité Romaine". Dans le conte déniché par Bruno de la Salle (Rencontres des peuples dans le conte, Aschendorff Munster, 1961, p.37-41) pour le colloque "Que nous disent les contes" (Arts du récit en Isère 2010) je retrouve deux motifs qui m'intéressent:
-la traversée de fleuves comme pour la légende de Saint Christophe
-le regret de n'avoir pas bu le lait de la Vierge de la part du héros, sujet du blog "Charité romaine"...

Résumé de ce conte populaire (AT471) recueilli dans le Nivernais ( le texte intégral n'est plus disponible) avec les citations des passages qui concernent notre sujet : dans une famille très pauvre, la mère envoie l'aîné des 3 enfants chercher son pain. Il rencontre un homme qui lui propose de porter un message au père éternel contre un sac d'argent.Il prend le sac mais arrivé devant une rivière renonce à le traverser. Il ramène l'argent à sa mère et ne dit rien du message. Le 2ième veut y aller aussi... ramène le sac d'argent après avoir renoncé à traverser la rivière. Le 3ième part. Quand il croise l'homme, il lui dit de garder le sac d'argent jusqu'à ce qu'il revienne. Il trouve la rivière qui lui barre la route, il prie
L'eau se partage en deux et il se fait une petite sente, et il passe. Il marche, et trouve une autre rivière, blanche comme du lait; pris de peur il se remet à genoux, prie encore, il se forme à nouveau une petite sente, et il passe. Il marche toujours tout droit devant lui, quand pour la troisième fois une rivière l'arrête rouge comme le sang. Cette fois-ci, il a vraiment peur... Il s'agenouille à nouveau, prie le Bon dieu, et la petite sente se reforme encore. Il passe...
Il rencontre d'autres choses étranges et arrive au bout d'un jardin, devant un château où il reconnait celui qui lui a donné le message, le Père Eternel. Le Père Eternel lui explique ce qu'étaient les trois rivières. Pour la première :
Eh bien, quand tu l'as eu passée, tu n'étais plus au monde. C'est la séparation du Ciel et de la Terre
Pour la deuxième
C'était le lait de la sainte Vierge, dont elle nourrissait notre seigneur Jésus Christ qui nous a sauvé.
Et le garçon répond
Si je l'avais su, j'en aurais bu un bon coup.
Pour la troisième
C'était le sang de notre seigneur Jésus Christ qui a été répandu sur la terre pour sauver tous ceux qui le servent.
Et le garçon
Ah! Si j'avais su, je me serai lavé dedans.
... En bref, le garçon est tout de même arrivé au Paradis. C'est à dire qu'il est mort... Mais "bien" mort. Et il a porté un message dont nous ne saurons rien, sinon que ce message lui a permis de traverser rivières et mystères... Et même d'amener ses parents avec lui après les avoir "cueillis" au Purgatoire sous forme de roses.
Je vous vois déjà lever les yeux au ciel, pour ceux qui sont arrivés jusque là, or certaines versions "des petits enfants perdus dans la forêt" (Hansel et Gretel, le Petit Poucet) font traverser une rivière aux enfants, sur le chemin du retour vers la maison de leurs parents, quelques fois sur le dos d'un cygne, quelques fois sur un drap tendu par les lavandières...
Je me demande quelle est la couleur de la première rivière. Rien, n'est dit mais je la verrais bien noire. Et vous ?
Il s'agit d'un conte où l'emballage chrétien cache sans doute un fond plus ancien. L'enregistrement de l'intervention, remarquable, de Bruno de la Salle sur ce conte est en ligne : voici le lien avec le site du Centre des Arts du Récit en Isère. Ensuite il suffit de cliquer sur la rubrique "Colloque".

vendredi 7 mai 2010

Association de St Michel, St Antoine et St Christophe entre Piémont et Dauphiné, le Val de Suze

Le rapprochement entre ces trois saints, vient, d'après Dominique Rigaux (article "St Michel un intercesseur de prédilection, iconographie de St Michel entre Piémont et Dauphiné à la fin du Moyen Age" in la revue La pierre et l'écrit N°20, PUG 2009) de leur commune fonction d'intercesseur polyvalent. En haute vallée de Suze, ils sont réunis sur des peintures extérieures sur le flanc Nord de la Chapelle des Jouvenceaux, dédiée à St Antoine Abate à Sauze d'Oulx (Piémont). Les fresques sont attribuées à Bartolomeo Serra. Les trois saints encadreraient trois scènes, celle de l'Annonciation, l'assistance à la messe, la bonne et la mauvaise confession... en bref dit Dominique Rigaux, cela voudrait dire que ces trois saints préparent à la bonne mort.
L'exemple que je connais de la présence de St Christophe auprès de Saint Antoine c'est la fresque de l'Eglise de St Antoine l'Abbaye (38) en Dauphiné.
En butinant sur internet, je ne retrouve rien de bien intéressant sur la chapelle des Jouvenceaux mais je voit quand même qu'à Notre Dame de Coignet, au Mélezet, dans le Val de Suze toujours, St Christophe trône aussi sur la façade, accompagné d'un St Antoine effacé... Admirez le style du jeune cavalier, accroché à la crinière de sa monture :


Chapelle St Sixte à Bardonnecchia, en Val de Suze toujours, l'enfant se débrouille aussi tout seul pour garder l'équilibre (pas de St Antoine, ni de St Michel en vue à ma connaissance) :


Bon, ça nous fait au moins trois chapelles avec des fresques du 15ième siècle à aller visiter. Si vous y allez avant moi, faites-nous des photos ! Pour rêver un peu le projet des amis des Jouvenceaux, ce que j'ai trouvé de mieux sur internet au sujet de Sauze d'Oulx. Ceux qui ne sont pas des Alpes seront peut-être étonnés des noms français que l'on retrouve dans cette région Italienne frontalière, région où la langue traditionnelle est l'occitan... Le même qu'à Briançon ou en Queyras, comme quoi, les frontières... Pour mémoire, le Réprouvé ne parlait pas, il aboyait !

lundi 3 mai 2010

Eglise St Christophe de Belfort, une carte postale de 1930

Et oui la belle affaire me direz vous, on ne voit même pas le Saint... Certes mais cette carte, qui fait partie des souvenirs de famille de ma mère, a été envoyée par mon grand-père à sa fiancée qui est devenue par la suite ma grand-mère. C'est plein de mots d'amour et même si je ne l'ai découverte qu'hier, voyez-vous, je me dis que mes grands parents sont peut-être pour quelque chose dans ma manie "christoline". Pour la petite histoire mon grand père était mécanicien, il a surtout travaillé dans la marine nationale, les chantiers navals, le PLM puis la SNCF : il a beaucoup voyagé. Mais ce serait mentir de dire qu'il m'ait jamais parlé de St Christophe.

Sinon, je ne suis jamais allée à Belfort. Grace à internet et au diocèse je sais qu'il y a une statue de St Christophe en entrant à droite dans la Cathédrale et aussi l'ancienne église paroissiale St Christophe de Brasse au milieu du cimetière.

mardi 27 avril 2010

La Roque St Christophe (24)

C'est un fort et une cité troglodytique dans une falaise au dessus de la Vézère. Le lieu a été habité de façon ininterrompue de l'âge du bronze à 1588 où le site a été ravagé par les guerres de religions. L'âge d'or de la cité troglodytique a sans doute été le moyen âge où dès le 10ième siècle l'évêque Frotaire de Périgueux décide d'édifier une forteresse pour protéger les populations contre les invasions vikings... Pour le reste reportez vous au site web ou allez faire la visite...
En ce qui concerne le saint qui nous préoccupe:
- On y trouve sa statue (du 20ième siècle) installée sur  le lieu d'une ancienne chapelle. Juste à côté sur la paroi sont gravées des croix qui semblent plutôt d'origine protestante.
- Il semblerait que dès le 10ième siècle le lieu se soit nommé Rupem Sancti Christophori
- Le guide, interrogé, me dit qu'il y aurait eu un moine au Moyen Age... Il est étonné de ma question.
- La Vézère coule juste dessous
Si vous en savez plus sur la relation entre le saint et ce lieu, je suis prenneuse  !

lundi 26 avril 2010

Xylographie dite de Buxheim, image de dévotion de 1432

Ce qui m'intéressait dans cette image, que j'avais publiée en 2008, c'était tous les détails autour: le moulin, le moine avec la lanterne (c'est l'ermite qui montre le chemin ?), etc. J'avais remarqué que ces éléments étaient aussi sur la fresque de St Sorlin en Bugey, je ne savais pas pourquoi mais une lectrice du blog vient de me donner toutes les explications ou presque et même... une photo convaincante:

J'en profite donc pour réactualiser l'article. Merci à Marianne Gilly-Argoud !
Chercheuse à l'université de Grenoble en histoire médiévale, j'ai travaillé sur la peinture murale de Saint-Sorlin-en-Bugey et puis en effet vous assurer d'un lien très évident avec le dit saint Christophe de Buxheim, une image de dévotion xylographiée datant de 1423 dont un exemplaire a été collé dans un manuscrit de la Bibliothèque de Buxheim, d'où son nom. Le saint Christophe de Saint-Sorlin a été clairement composé et exécuté en suivant fidèlement l'iconographie de Buxheim (jusqu'au moindre détail, les feuilles de l'arbre, les positions de l'ermite et du meunier, l'enroulement de l'eau au pied du saint, etc), véhiculé du Rhin jusque dans le Bugey par la circulation des images de dévotion xylographiée, d'autant que Saint-Sorlin est à la frontière (quand la peinture est exécutée à la toute fin du XVe-début XVIe siècle) des marches de Savoie et du royaume de France.
D'ailleurs, la Vierge à l'Enfant en gloire debout représentée aussi sur le mur de Saint-Sorlin tire aussi sa composition et son iconographie de la xylographie (Nuremberg K7, par exemple).
Pour en revenir au saint Christophe, le motif de l'ermite est tiré de la légende même de la vie du saint, puisque il est le passeur du gué où Christophe rencontre le Christ, la lanterne étant bien sûr un symbole de la révélation divine. Quant au moulin et au meunier avec son âne, c'est un motif repris directement de la xylographie de Buxheim, qui n'a pas de source dans la vie du saint, mais qui correspond à cette volonté, typique de la fin du Moyen Âge, d'ancrer le récit mystique dans la vie réelle quotidienne du fidèle par des éléments familiers, et ce afin de réaliser un processus cathartique d'identification.

mercredi 14 avril 2010

Naviguer au cable, une expo sur les bacs à traille du Haut Rhone

Escale Haut-Rhône est un petit musée encyclopédique et moderne au bord du fleuve, à Brégnier Cordon (01). Tout y est intéressant... de l'écologie aux légendes locales en passant par la vie des autochtones.
Dans ce musée, il y a en ce moment une très belle exposition temporaire sur les bacs à traille.
Et pour la Nuit des Musées, le 15 mai, j'y raconterai des légendes du bord du Rhône et sans doute aussi  Le Réprouvé. C'est le moins que je puisse faire, non ?

dimanche 11 avril 2010

Saint Christophe sur Guiers (38) et Saint Christophe la Grotte (73)

Il y a une région entre Grenoble et Chambéry où tout est en double : les villages, les églises, les mairies... C'est sur l'ancienne frontière entre la Savoie et la France, tout le long d'une magnifique rivière qu'on appelle le Guiers Vif. Frontière c'est synonyme de contrebande et, sur ce sujet, les légendes locales n'ont rien à envier aux légendes pyrénéennes, Mandrin est passé par là ! Nombreux sont ceux qui ont du traverser ses eaux glacées en priant les deux saint Christophe ! Le Guiers Vif descend de Chartreuse par les Gorges de l'Echaillon et à la sortie passe sous le "Pont Romain", enfin "très vieux", qu'on appelle aussi Pont Saint Martin
Sur la rive gauche, c'est à dire en Dauphiné,  Dauphiné qui a été vendu à la France en 1343, en Isère aujourd'hui, il y a le village de Saint Christophe sur Guiers. Dans l'église une statue de bois qui est sortie tous les ans pour la fête patronale. En juillet 2010, il y aura encore 3 jours de festivités :  bal champêtre, soirée dansante, fête foraine , bénédiction des voitures ( le 25) et une veillée avec un chanteur très catholique... quand même ! Dans ce village même les beignets sont "christolins". Pour connaître la légende recueillie dans ce village par Charles Joisten en 1960 sur le fardeau qui s'alourdit cliquez ici.
Sur la rive droite, nous sommes en Savoie ( province rattachée à la France en 1860), mais aussi dans le département du même nom, commune de Saint Christophe la Grotte. C'est là qu'on peut visiter le site de la Voie Sarde qui permettait depuis le 17ième siècle de passer entre les premières falaises de Chartreuse et les grottes des Echelles. Pour voir tout ça en venant de Chambéry, ça vaut le coup de s'arrêter juste avant le tunnel construit par Napoléon....
L'église du "chef lieu" est fermée. Mais, devant, un tracteur âgé d'une bonne cinquantaine d'année attend peut-être d'être béni, en tout cas il roule encore, lui, pas comme le 4x4 capot ouvert de ce matin...
Et en levant les yeux, merveille : tout le long du toit de l'église, des nids d'hirondelles habités. C'est le printemps !

dimanche 28 mars 2010

Les géants des légendes rhénanes

Dans le livre Légendes Rhénanes,publié en français aux éditions Rahmel-Verlag (2004) l'auteur, Eugen Hollerbach fait parler le Rhin et développe une théorie (personnelle ?) sur l'origine des représentations de notre géant favori.Les deux Saint Christophe qui illustrent cet article sont ceux de la Cathédrale de Cologne photographiés en 2009 par Bernard Françon, celui-la même qui nous a procuré le texte des Légendes Rhénanes. Merci!

Un bénitier du 17ième siècle

C'est un bénitier en faïence que le peintre Ernest Hébert (1817-1908) a ramené de ses séjours en Italie. La façon de tenir l'enfant n'est pas habituelle pour un Saint Christophe, j'ai failli croire que c'était Saint Joseph... mais je me range à l'avis des conservateurs du Musée Hébert de La Tronche (38), musée dont je vous recommande la visite : c'était la maison de campagne du peintre, le jardin est beau, on se croirait à Nohant avec la vue sur Belledonne en plus.

samedi 13 mars 2010

Saint Christophe au risque des galipotes, un article de Jean Loïc Le Quellec

L'essentiel de cet article (Bulletin n°233 de la Société de Mythologie Française, décembre 2008) est consacré à l'épisode de la légende où Christophe porte un enfant au poids croissant. Vous trouverez ci dessous, un résumé de ce que j'ai cru comprendre, accompagné de commentaires qui n'engagent que moi.
Jean Loïc Le Quellec considère que l'épisode de la Légende de Saint Christophe où celui-ci porte un enfant qui s'alourdit ne s'est rattaché à la légende qu'au XIIième ou XIIIième siècle en reprenant des motifs éminemment populaires :
- le Bon Pasteur criophore (c'est à dire qui porte un mouton sur ses épaules), vainqueur de la mort et sauveur des âmes dont l'image est apparue sur les tombes chrétiennes dès le Ier siècle. L'auteur rappelle que Hermès lui aussi est parfois représenté portant un bélier... Cette représentation du Christ disparait ensuite du IVième siècle jusqu'à la Renaissance sauf...
- en Auvergne et en Charente, où dans une douzaine d'églises on peut retrouver des représentations (chapiteaux sculptés) où des personnages soufflant, tirant la langue portent sur leur dos des bêtes à laine aux dimensions disproportionnées sous lesquelles ils semblent obligés de plier les genoux. Les animaux y sont menaçants et Jean Loïc Le Quellec y voit l'animal merveilleux appelé "drac" en Auvergne, "drac" ou "draquet" dans les Pyrénées centrales et orientales, et "galipotes" ou "ganipotes" en Poitou-Saintonge...
Sur le thème folklorique de "l'être porté", Le Quellec semble considérer que ce motif est abondant dans un croissant qui va des Pyrénées jusqu'au pays flamands, en passant par le Centre, voir le Centre Ouest de la France...
Je pense que la collecte de Charles Joisten a du lui échapper en ce qui concerne les Alpes Françaises, et notamment le Dauphiné, où les attestations sont nombreuses et contemporaines : des êtres apparemment fragiles (agneaux, chats, oiseaux, bébés...), "ramassées" de nuit s'alourdissent, et se révèlent être le diable. On m'en a encore raconté, personnellement, une en l'an 2000 : le chat roux de Chateauroux à Sainte Agnès (38). A ce sujet, vous pouvez aller voir dans ce blog tous les articles libellés avec le mot fardeau... Et notamment tous ceux qui se réfèrent à la collecte de Charles Joisten sur les Êtres Fantastiques dans les Alpes.
... Petite remarque amusante : à Grenoble, le Drac se jette dans l'Isère... C'est son principal affluent.
Mais, trêve de bavardages, voici ce que racontent, d'après Jean Loïc Le Quellec, les récits poitevins (résumés) :
- La nuit, au voisinage des rivières ou des points d'eau, un promeneur, par exemple un jeune homme revenant de visiter sa "galande", rencontre un mouton ou une chèvre qui lui saute sur le dos. Il lui est impossible de se défaire de l'apparition qui pèse de plus en plus lourd et l'épuise... L'auteur de l'article précise que, comme en Catalogne, la rencontre d'une galipote est la plupart du temps fatale à son porteur et que, lorsque cet être disparait, il pousse un ricanement sinistre.
- Vers 1885, un vigneron de Saint Thomas de Connac rentrait chez lui à la nuit close. Il avait fort bien mangé et bu davantage. Comme il s'engageait sur "le Pont de la Pierre", une ganipote surgit à ses côtés et lui pris le bras. Très effrayé, il se débat, hurle, rien à faire. A l'approche des maisons elle desserre son étreinte, se change en agneau, puis... "il n'y eu bientôt sur la route qu'un tout petit enfant qui s'éloignait en pleurant".
Peut-on rapprocher ce dernier récit du bébé trouvé par une femme et qui s'alourdit (Joisten) voir de la jolie légende japonaise du Samouraï qui se retrouve aider à la naissance d'un bébé ?
Il y a aussi tout un chapitre sur les oiseaux nommés roitelets, "rois du monde" minuscules mais au poids énorme dit-on en France et Catalogne, ce qui a donné lieu à des rituels de transports de l'animal dans des charrettes tirées par quatre à huit, voir vingt-quatre boeufs...
Mais pourquoi le motif de la traversée du fleuve serait-il associé à celui du fardeau qui s'alourdit ? Jean Loïc le Quellec cite alors Henri Fromage (" Le thème folklorique de l'être porté", Tradition Wallone, 1993) qui, dit-il , aurait montré que les récits de galipote portent certainement le souvenir "laïcisé" d'un ancien rituel de portage, ou l'être porté est une femme-oiseau surnaturelle qui impose cette épreuve à un mortel qui finit par succomber sous la charge...
Bien sûr cela me fait penser à la peste qui se fait porter dans un récit breton de Anatole Le Braz.
Cliquez sur les liens (et les libellés) : il y en a décidément dans tous les sens...
Je pense n'avoir pas épuisé le contenu de l'article. Par exemple, les reproductions des sculptures sur les chapiteaux par l'auteur sont superbes. Allez-y voir vous même !
Merci, Monsieur Le Quellec.

Saint Christophe, histoire d'une légende dans un article de Jean Loïc Le Quellec

Dans l'article "Saint Christophe au risque des galipotes", du Bulletin n°233 de la Société de Mythologie Française (décembre 2008) dont je n'ai eu connaissance que récemment, j'ai trouvé un historique de la légende du saint. En voici un résumé pour vous donner envie d'aller lire le détail :
La légende originale appartient au domaine oriental, "Reprobus étant une sorte de cynocéphale anthropophage qui sitôt converti perd sa tête de chien et acquiert la parole". Dans les versions occidentales des IXième et Xième siècle la tête de chien sera sciemment supprimée. L'image du porte-Christ ne s'est superposée à ce récit qu'en Occident à partir du XIIième siècle. On ne parle de Christophe comme passeur qu'à partir du XIIIième siècle "peut-être par adoption secondaire de la légende de Julien". L'auteur remarque que la charge de passeur était liée au droit d'asile sur les bacs dont bénéficia Julien en tant que parricide. Les représentations colossales aux murs et surtout aux entrées d'église se multiplient à partir du XIV et XVième siècle.
Voilà qui me confirme dans le fait que Julien et Christophe sont liés. Cliquez sur le libellé "julien" pour avoir tous les articles concernant ce saint qui a inspiré entre autres Flaubert...
Une des premières versions écrite avec Christophe comme passeur serait donc celle de Jacques de Voragine au XIIIième siècle.

Les fleuves en Galice

Dans l'article de Josefina M.Anton et de Manuel Mandianes, intitulé "Les âmes et l'eau en Galice", Bulletin n°233 de la Société de Mythologie Française, j'ai noté ce petit extrait :
Les âmes, les tempêtes et les serpents ne peuvent traverser les fleuves. Pour échapper à un serpent qui vous poursuit, il n'est rien de mieux que de franchir un fleuve. Aux premières heures de l'aube, lorsque les passeurs dormaient paisiblement, ils entendaient appeler à leur porte, se levaient, regardaient et ne voyaient personne; c'étaient les âmes qui leur demandaient de les faire passer sur l'autre rive.

Bulletin de la Société de Mythologie Française n°233

En décembre 2008, ce bulletin trimestriel publiait les actes de son Congrès de Vernet les Bains sur le thème de l'eau avec plusieurs articles :
- La fontaine de Chaigne à Orches (Côte d'or)par Denise Basset
- Les âmes et l'eau en Galice par Josefina M.Anton et Manuel Mandianes
- Saint Christophe au risque des galipotes par Jean Loïc Le Quellec
- Le passage de l'eau par Edith Montelle
- Hydronimie Pyrénéenne : richesse et diversité, par l'Abbé Albert Cazes
Bien sûr c'est celui de Jean Loïc Le Quellec qui m'intéresse en priorité, mais...

dimanche 17 janvier 2010

Une chanson de Mano Solo

La chanson c'est "Chaque matin" sur l'album "Rentrer au port", 2009. Voici le bout du texte qui m'intéresse dans une graphie et une ponctuation au plus près du livret :
DEPUIS QUE J'AI LA CHANCE CHAQUE MATIN D'OUVRIR MES YEUX SUR LES TIENS SI GRANDS QUE PLUS RIEN NE ME RETIENS QU'IL EST POSSIBLE DE S'AIMER DE VRAIMENT PARTAGER COMME CE RAYON DE LUMIERE QUI NOUS REND TOUS LES DEUX FIERS DE MARCHER COTE A COTE UNE VIE QUI SERA LA NOTRE SAINT CHRISTOPHE EST AVEC NOUS NOS CHAPEAUX DE ROUES NOUS EMPORTERONT DANS TOUTES LES SAISONS DU BONHEUR AU GRE DE TOUT CE QUE L'ON POURRA SEMER AVEC L'ENVIE DE VOULOIR FAIRE NAÎTRE LA PAIX DU COEUR DEPUIS QUE J'AI LA CHANCE CHAQUE MATIN...C'EST TOUTE UNE VIE QUE JE VIENS DE PASSER EN PRIERE A TE CHERCHER UNE VIE DE MIRAGES ET DE PORTES ENFONCEES A ÊTRE EN CAGE DANS L'ATTENTE QUE TU VIENNES A EXISTER ET TE VOILA SI SIMPLEMENT TENDREMENT... DEPUIS QUE J'AI LA CHANCE CHAQUE MATIN D'ÊTRE L'HOMME LE PLUS RICHE DU MONDE DANS TOUT CE QUE JE LIS DANS TON SOURIRE...
Mano Solo vient de partir de l'autre côté du fleuve, juste au moment où je venais de découvrir son dernier disque. Il connaissait, à mon avis, la croyance qui dit que celui qui croise le regard de Saint Christophe est protégé de la mort subite toute la journée.

vendredi 15 janvier 2010

Paysage avec Saint Christophe de Jan Mostaert 1520

Cliquez pour voir les détail ! Il semble qu'on puisse voir ce tableau au Musée Mayer van den Bergh à Anvers. Ce peintre néerlandais est un des premiers à avoir peint l'Amérique (découverte par un certain Christophe) et il parait qu'il faut rapprocher son travail de celui de Patinir ou Patenier dont j'ai déjà parlé dans deux autres articles. Il y a de nombreux points commun notamment le gigantisme du saint, l'arbre sur la gauche, l'importance du paysage, la précision des personnages secondaires même s'ils restent pour moi énigmatiques.

Bénédictions à Carnin (59) et Saint Christophe et le Laris (26) en 2009

Aux hasard du web, je découvre que des bénédictions ont eu lieu en 2009
- dans la Drôme des collines à Saint Christophe-Le-Laris le dernier dimanche de juillet : motos, attelages, automobiles, tracteurs, batteuses... Dans l'Eglise paroissiale on peut admirer une fresque du 19ième et une statue en bois. Au dessus de la porte de l'Eglise est écrit : "Regarde Saint Christophe puis va-t-en rassuré". Le village de Saint Christophe a été fusionné avec celui du Laris pour en faire une commune : on peut remarquer que Le Laris est un nom d'arbre, le mélèze (larix). Jolie coïncidence !
- dans le Nord, à Carnin le 19 juillet 2009. Il y a un défilé de vélos d'enfants décorés pour faire de la couleur... Et trois prêtres pour la bénédiction.

lundi 4 janvier 2010

Le Saint Christophe de Morice Lipsi (1961-1962)

À la fin de la guerre, Morice Lipsi n'a jamais cessé d'entretenir des relations avec son protecteur et ami, l’abbé Sardin. Il exécutera pour lui, en 1961/1962, une sculpture de grande taille de saint Christophe, patron des voyageurs, à Ladiville, près de Barbezieux (Charente).
Cette oeuvre est une des rares sculptures monumentales réalisées en pierre calcaire par l’artiste, qui préférait les pierres dures comme la pierre de lave ou le granit. Il s’agit aussi de la première sculpture monumentale issue d’une commande publique qui témoigne de l’orientation définitive de Lipsi vers l’abstraction.
En pierre de Sireuil, haute de 5,50 mètres, cette sculpture est située le long de la R.N.10, à Ladiville en Charente.
On peut remarquer que pour une fois le Réprouvé porte l'enfant à bout de bras...

Un conte des frères Grimm avec 3 statues de Saint Christophe

Ce conte s'appelle "Les deux enfants royaux"
En voici un début de résumé... Avec des citations en rapport avec notre sujet. Toutes vos lumières seront les bienvenues ! Ce conte (le n°113) figure dans la nouvelle édition (Corti, 2009), des "Contes pour les enfants et la maison" collectés par les frères Grimm, édités et traduits par Natacha Rimasson-Fertin. Dans l'édition flammarion (traduction de Armel Guerne), le conte s'appelle "Prince et Princesse, enfants de roi" (tome 2 page 143)
C'est un fils de roi, dont les astres ont prédit la mort à 16 ans à cause d'un cerf. A seize ans il rencontre effectivement un cerf qu'il poursuit jusqu'à ce qu'il se transforme en un roi qui l'entraîne de l'autre côté d'un large fleuve... De l'autre côté du fleuve le jeune fils du roi doit partager la nourriture avec son hôte. Celui-ci lui ordonne de veiller une nuit auprès de chacune de ses trois filles, en commençant par l'aînée, sans jamais s'endormir et ce sous peine de mort. S'il réussi il obtiendra la main de la fille aînée. Chaque soir, le jeune fils de roi entre dans la chambre d'une des filles. Dans chacune des chambres il y a une grande statue en pierre de Saint Christophe (l'aînée a la plus petite, la deuxième une plus grande et la plus jeune une bien plus grande) , et chacune des filles demande à sa statue "quand mon père appellera c'est toi qui répondras". En guise de réponse, la statue se met alors à hocher de la tête (pendant une demi heure pour la plus grande des statues, donc la plus jeune des filles) avant de s'immobiliser. Le jeune fils du roi s'endort sur le seuil et les statues répondent toutes les heures , à sa place, au roi qui vient vérifier qu'il est éveillé... Le fils de roi réussit donc les épreuves. Le roi devrait lui offrir la main de sa cadette mais il lui imposera encore une série de trois tâches impossibles qu'il réussira grâce à celle ci. Le roi n'est toujours pas satisfait, les amoureux s'enfuient, le roi et sa femme les poursuivent sans succès (fuite magique en trois épisodes) même si, pour finir, ce sera encore à la fille du roi de reconquérir son aimé qui l'a oublié au moment où il a embrassé sa propre mère....
Les frères Grimm, qui sont la pudeur et la "moralité" même, n'auraient-il pas vu les sous entendus érotiques ? Ou du moins ont-ils fait le pari que ça ne se verrait pas... Je n'ai pas souvenir de ce motif de statue secouée dans un autre conte.
Pour ce qui est de notre "réprouvé", nous avons outre la statue (que représente-t-elle : un géant un peu sauvage, celui qui porte l'enfant ?), la mort, la traversée du fleuve, les rois, "le presqu'enfant"...